Frédéric Godefroy

Nefilims : Chroniques Contemporaines Tome I : L’entité

SCIENCE-FICTION

NOMBRE DE MOTS : 167 000 approx.
ILLUSTRATIONS : /
THÉMATIQUES : pouvoir des rêves, conspiration, emprise du futur, dictature, héroïsme

Frédéric Godefroy

Le livre

À Bruxelles, Ida Kalda, policière surdouée est embauchée par une mystérieuse agence européenne, le Bureau 09, chargée de traquer les « Déviants », des gens capables de rejoindre une cible dans ses rêves et d’influencer ses décisions.
Stan Kross, génie de la stratégie, est avec son ami Bibi, génie de l’informatique, la moitié du célèbre Épervier qui, dans une France aux mains d’un gouvernement d’extrême droite qui torpille progressivement toutes les libertés, orchestre les manifestations les plus redoutées.
À la suite d’une manifestation meurtrière, Stan, handicapé marchant difficilement, est capturé alors que Bibi peut s’enfuir. Il s’attend à un procès expéditif : tous les manifestants sont condamnés à 10 ans de prison, alors lui qui est soupçonné d’être l’Épervier…
À son arrivée au palais de justice, il perd connaissance et se retrouve dans un monde étrange où il rencontre un Bibi âgé de 20 ans de plus. De retour au présent, il est mystérieusement blanchi et libéré. À partir de ce moment, tout s’accélère, tout le monde veut s’emparer de Stan, Le Bureau 09 et deux groupes de Nefilims (que le bureau 09 appelle « Déviants »), l’Entité et le Coffre.
Il est finalement capturé par l’Entité et découvre que pour eux, qui peuvent s’introduire dans les rêves d’un hôte, il est quelqu’un de tout à fait particulier, avec un pouvoir énorme car il possède une Récurrence, un monde de rêves qui lui est propre, comme les grands personnages qui ont changé l’Histoire (Jésus, Gandhi…). Il doit donc apprendre à maîtriser son pouvoir car il est pressenti comme le prochain directeur de l’Entité.
Ida, de son côté, découvre que le Bureau 09 a été fondé par une dictature du futur et que son objectif est d’empêcher un futur alternatif dans lequel la liberté permettrait l’émergence de conflits. La dictature est pour eux leur seul garant de la paix. À l’occasion de la capture d’un Déviant, elle fuit le Bureau 09 et rejoint l’Entité.
Mais l’Entité est-elle vraiment tournée vers le bien de l’Humanité ou s’est-elle perdue en chemin ? Est-ce que ce n’est pas plutôt le Coffre qui serait tourné vers la liberté ? Et pourquoi le Bureau 09 considère-t-il Stan comme le Messie ? Et puis pourquoi Stan et Ida ont-ils la même marque génétique dans leurs yeux ? Nous n’aurons pas toutes les réponses dans ce volume car il sera suivi de bien d’autres.

L’auteur

Producteur de courts et moyens métrages, Frédéric Godefroy a été pendant 17 ans, président de 8 entreprises en France et en Angleterre, dans la VPC et le conseil marketing.
Il est l’auteur des Crapules de Courtson Cave (1 998), aux Éditions du Serpent à Plumes, un livre bien reçu par la critique et par la presse.
Il publie en 2014 la toute première formation complète et interactive pour auteurs d’oeuvres de fiction en France, la Méthode Godefroy, qui compte aujourd’hui plus de 300 conférences enregistrées. Rachetée par le Club Positif en 2018, les conférences sont adaptées en livres et donnent lieu à la série Comment écrire des romans à succès : La méthode Godefroy en 7 ou 8 volumes (les derniers sont à paraître).

L’avis de l’agence

– Un récit prenant, une écriture fluide.
– Un univers riche où tout est possible.
– Une fiction qui interroge sur les réalités de notre monde.
– Des héros atypiques et attachants qui se complètent harmonieusement.

Les points forts

Haletant et convaincant, ce récit nous emmène dans un monde étrange, néanmoins familier, dans lequel les personnages ont toute la complexité du réel, leurs doutes, leurs qualités, leurs défauts, leur ambiguïté. Surdoué intellectuellement mais inadapté social et handicapé physique, Stan a toutes les caractéristiques d’un héros très humain. Ida, de son côté, est surdouée intellectuellement et forte physiquement, mais sa faiblesse est plutôt affective. Complots, rivalités entre factions, culte du secret, concomitance du présent et du futur, des rêves et d’une réalité dont on ne sait plus si elle en est une. Le récit est prenant et on s’attache aux personnages : qu’ils soient principaux ou secondaires, aucun ne laisse indifférent.

Extrait

Neuf étages à monter, pour Stan, c’était l’enfer. Au-delà du troisième, les douleurs dans ses jambes grimpaient à des altitudes stratosphériques.
Mais le pauvre Bibi, lui, devait traîner ses cent trente kilos
avec difficulté.
Au second palier, il était déjà essoufflé comme un boeuf. L’un comme l’autre souffraient sévèrement dans ce genre de cas.
— Donne-moi un jetable, dit Stan en enfilant des gants chirurgicaux. Faut que j’appelle le Martien pour lui dire qu’on sera en place dans dix minutes.
Bibi fouilla dans son sac et lui tendit un téléphone jetable à usage unique encore emballé dans son plastique de protection.
Stan déchira l’emballage et composa un numéro.
— L’Épervier sera en place dans dix minutes, dit simplement Stan sans s’annoncer.
— Tarde pas ! répondit le Martien.
Son interlocuteur raccrocha.
Stan cassa le téléphone en deux et le balança dans la cour par une fenêtre de l’escalier.
Le Martien était le nom de code d’un des organisateurs du collectif Liberty Warrior qui coordonnait toutes les manifestations à Paris depuis plusieurs mois. L’Épervier

– Bibi et Stan en l’occurrence – était la pièce majeure du dispositif. Tout le monde savait qu’ils existaient, personne ne savait qui ils étaient, ni même qu’ils étaient deux. Tout le monde, révolutionnaires comme policiers, croyait que l’Épervier n’était qu’une seule personne.
De leur côté, Stan et Bibi n’avaient jamais rencontré le Martien autrement que par des discussions cryptées sur un chat IRC sécurisé par le réseau TOR doublé d’une couche VPN dernier cri. Ils ignoraient tout de lui. Lui ignorait tout d’eux. Mesure de sécurité maximale.
Les organisateurs sur le terrain comptaient sur l’Épervier pour savoir où, quand et comment diriger les troupes de manifestants. C’était bien plus organisé que ce que les policiers ou le grand public pouvaient s’imaginer. C’était une guérilla, une vraie résistance à la dictature mise en place depuis trente ans par les gouvernements de droite et de gauche.
Et leur rôle d’Épervier décuplait la force de frappe des manifestants, surprenant à chaque fois les stratèges ennemis. Et si l’art de la guerre avait été enseigné à l’école, Stan aurait été premier de sa classe. Il excellait plus que quiconque en la matière.
Ce n’est que quinze minutes plus tard qu’ils débouchèrent sur le toit.

On aurait dit que Bibi sortait de la piscine tant il transpirait. Il respirait comme un asthmatique. Stan boitait puissance dix, ses douleurs l’empêchaient presque d’avancer.
Bibi posa un doigt sur sa bouche pour dire à Stan de ne faire aucun bruit. Et du doigt, il indiqua deux tireurs d’élites installés à trente mètres, allongés, l’un avec des jumelles, l’autre avec son fusil à lunette. Ils portaient des
oreillettes et discutaient de ce que leur talkie-walkie émettait, ce qui devait couvrir les sifflements rauques de Bibi et le clac-clac léger de la béquille de Stan.
Doucement, Stan et son ami progressèrent dans le sens opposé, grimpèrent une échelle tant bien que mal, contournèrent des installations d’aération pour enfin se retrouver au-dessus du champ de bataille.
— On y est, dit Bibi en posant son sac. Allonge-toi, ils ont mis des tireurs sur les toits entre chaque avenue. Ils surveillent le sol donc ça devrait aller, mais faut pas bouger.
Stan s’envoya deux pastilles de morphine qu’il coinça contre sa gencive. Dans cinq minutes, ses douleurs commenceraient à diminuer.
Bibi déploya une large couverture épaisse pour s’installer dessus. Il en sortit une seconde, mais de survie celle-là, qu’il étala par-dessus eux une fois qu’ils se furent allongés côte à côte sur la couverture épaisse. La couverture

ultra-fine qui les recouvrait totalement était du même genre que celles qu’utilisaient les pompiers, celles qui ressemblaient à des feuilles de papiers alu, comme on en voyait dans tous les films. Sauf que la leur était d’un noir
d’encre. Elle retenait la chaleur et empêchait les snipers équipés de détecteurs thermiques de repérer la température de leurs corps.
C’était tout bête, mais ça marchait très bien.
Chacun déballa son matériel dans une obscurité presque totale. Allumer une lumière aurait été bien trop dangereux.
Stan fixa un casque de communication à son oreille qu’il relia à un gros téléphone satellitaire. Puis il connecta le téléphone à la tablette de Bibi par un câble épais, qui elle même était branchée à un appareil, une sorte de vieux poste de radio à ondes courtes dont l’écran archaïque
affichait des courbes de fréquences de différentes couleurs. Ce système, que Bibi avait conçu entièrement, permettait de changer de lieu sept fois par seconde. Si on essayait de les repérer, ils apparaîtraient partout dans le
monde, changeant à une vitesse ahurissante d’endroits et rendant impossible tout traçage. Comme il avait construit sa machine à base de matériel des années quatre-vingt, du type vieil autoradio à cassettes, aucun contre-système hyper-perfectionné ne fonctionnait sur lui.