Ihsane Bekkaye

Le sexe des lumières

Développement personnel/Essai

NOMBRE DE MOTS : 167 000 approx.
ILLUSTRATIONS : /
THÉMATIQUES : Féminisme

Le livre

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L’auteur

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L’avis de l’agence

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Les points forts

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Extrait

Grâce à des enquêtes au long cours menées par des journalistes de qualité, l’abus sexuel a finalement été couvert comme la pratique omniprésente et endémique qu’il est plutôt que comme un phénomène exceptionnel,
Catharine MacKinnon
A différentes périodes de l’histoire, des révolutions féministes ont eu lieu, permettant de faire progresser la condition des femmes et d’ancrer dans les esprits d’égalité entre femmes et hommes. Pour le seul vingtième siècle, à
un niveau mondial, on peut citer les luttes pour le droit de vote, la contraception, l’avortement, l’autorité parentale conjointe, l’égalité salariale, la parité, etc.
En 1979, Catharine MacKinnon écrit Sexual Harassment of Working Women: A Case of Sex Discrimination (1979).
Elle défend le fait que le harcèlement sexuel constitue une discrimination fondée sur le sexe.

Grâce à ses travaux et à sa défense de femmes harcelées, en 1986, la Cour suprême des Etats Unis reconnait le harcèlement sexuel comme discrimination en raison du sexe. En reconnaissant la discrimination de sexe, ce n’est plus seulement l’abus en tant que tel qui est sanctionné, c’est la reconnaissance d’un système institutionnalisé de violences envers les femmes car elles sont femmes, c’est la dénonciation de la non-égalité entre les citoyens.
C’est une avancée majeure qui permet, entre autres, d’intensifier les dénonciations.
Les luttes par les femmes du monde entier avaient pavé le chemin pour un mouvement mondial. Cela a été rendu possible par les réseaux sociaux.
En 2006, Tarana Burke, commence le mouvement Metoo à la suite d’un échange avec une jeune fille de 13 ans qui avait été abusée et à laquelle elle avait murmuré, me too, pour la réconforter. Son intention était empower women through empathy, donner du pouvoir aux femmes en leur
témoignant de l’empathie.
En octobre 2017, l’actrice Alyssa Milano reprend l’hashtag #MeToo pour raconter les abus qu’elle a subis. Dans les jours suivants, c’est une véritable éruption. Près de 6 millions de messages #MeToo sont échangés sur les
différents réseaux sociaux. Me too, décliné en Yo También en Espagne, Ni una menos en Argentine, Balance ton porc en France, First time I got harrassed en Egypte, With you au Japon, Não é não au Bresil, Moi Aussi au Canada et dans de nombreux pays du monde, devient le premier mouvement de masse à dénoncer les abus sexuels. C’est à cette époque de transformation majeure que nous avons la chance de vivre!

« Le féminisme est un beau mouvement pacifique, qui n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours,
Benoîte Groult »


Violences conjugales en France: statistiques
Est-ce dans la nature de l’homme d’être violent? On nous parle d’une nature, d’une nature qui serait plus violente chez les hommes, qui serait fondamentalement dominatrice, et on nous parle aussi d’accès de bestialité.
Dans tous les cas, on a tout faux ! Ce n’est pas une nature, c’est une culture! C’est justement parce que les humains sont capables de penser, qu’ils ont érigé un système, qui est un système de valences différentielles du sexe.

Et cela s’est passé il y a fort longtemps. Nous sommes ainsi les seuls parmi les espèces où les mâles tuent les femelles. Ce n’est donc pas une question de bestialité, de nature, et parce que ce n’est qu’une question de pensée, de culture, de construction mentale, nous pouvons penser que la lutte peut changer cet état de fait, Françoise Héritier.
Cette citation édifiante de Françoise Héritier résume à elle seule le plan d’action pour faire cesser les violences faites aux femmes : éradiquer la culture de la violence et de l’oppression véhiculée par le patriarcat. Le plan d’action est d’une facilité enfantine. Sa mise en oeuvre est d’une
difficulté titanesque.
Pour la France, l’Observatoire français des violences faites aux femmes estime que 225000 femmes sont victimes chaque année de « violences conjugales » sous ses formes les plus graves, soit 1% de la population de référence.
Nous devons faire attention à la sémantique, au vocabulaire couramment employé qui traduit des siècles et des siècles de culpabilité de la femme, qui quelque part, inconsciemment, mériterait ces châtiments. Un pays européen est cité en exemple: l’Espagne, qui compte 46 millions d’habitants, a débloqué 1 milliard d’euros sur cinq ans, spécifiquement dédiés aux violences faites aux femmes. Ce budget sert à ouvrir des structures multidisciplinaires, dans lesquelles sont dispensés des soins physiques, psychologiques, et de l’accompagnement juridique. Cet engagement fort contre les violences machistes a permis de faire baisser les féminicides par conjoint ou ex-conjoint à 47 en 2018, contre 76 en 2008.
En plus de sauver des vies, cette injection massive d’argent permet de mettre en place des actions de formation, de sensibilisation, qui transforment, petit à petit, les mentalités.